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Derniers dépôts du CIHAM sur HAL SHS

[hal-03381588] La Passion et la mort du prophète Merlin

ven, 22/10/2021 - 06:55
De toutes les versions de la disparition du prophète, la plus terrible est celle du Merlin-Huth (ca 1235-1240) de la Post-Vulgate. La Dame du Lac, ici nommée Niviene, l’y fait mourir de mort lente, en l’enfermant vivant dans un tombeau (et, qui plus est, un tombeau déjà occupé par deux cadavres…) Les critiques modernes s’accordent à y voir une dégradation de l’image de Merlin, parlent de sa « déchéance », de « régression morale », et même de son « retour sous le signe du diable ». Notre article s’inscrit en faux contre ces lectures, et montre qu’au contraire l’auteur (inconnu) de la Suite-Huth a réservé à Merlin une fin terrible, certes, mais pour cela même sublime, et qu’il meurt sauvé.

[halshs-03203370] L'alleu et les degrés de la possession foncière dans le contado florentin (XIIe siècle)

mer, 20/10/2021 - 18:18
La notion d'allodium n'était guère familière aux notaires florentins, mais l’idée d’un bien foncier tenu en propriété, aliénable et transmissible était en revanche très diffusée. Dans ce pays fortement marqué par le droit romano-lombard, les actes mentionnaient souvent le jus proprietatis. Ce qui était sans doute normal, pour les notaires toscans, c’était de considérer qu'un bien foncier pût être librement aliéné et transmis. Il semble bien qu’une part importante de la population ait été en mesure d’intervenir dans le marché de la terre. Quant à désigner ces possessores comme des alleutiers, c’est un autre problème : le mot d’allodium était très rare dans les actes notariaux et ne venait se substituer qu’en de rares occasions aux notions plus courantes de possessio ou de proprietas. L’abondante documentation relative au territoire florentin offre donc un éclairage décalé sur la question de l'alleu et des alleutiers. À travers quelques sondages dans cette documentation, et en me concentrant sur le XIIe siècle, j’interroge ici le terme d’alleu, dans ses quelques occurrences et m’intéresse en outre à l’écho qu’offre la documentation florentine à l’image historiographique du « petit alleutier ».

[halshs-03090747] Remploi textuel et fluidité de la materia predicabilis : le cas du Speculum prelatorum de William de Pagula († 1332)

jeu, 07/10/2021 - 10:59
Cet article met en évidence la pratique du remploi textuel dans le Speculum prelatorum de William de Pagula (†1332), en particulier la troisième partie de cette œuvre, en montrant l’utilisation systématique du Manipulus florum de Thomas d’Irlande, de la Summa Guiotina de Guy d’Évreux et de la Summa de Abstinentia de Nicolas de Biard, ainsi que plus ponctuellement du De dono timoris d’Humbert de Romans, de la Legenda aurea de Jacques de Voragine et du De contemptu mundi d’Innocent III. Puisant avec méthode dans ces œuvres de genres variés, William de Pagula s’est inspiré de la structure et de la matière d’ouvrages récents et promis à un grand succès, les fondant dans un nouvel outil de travail à l’usage des pasteurs appelés à prêcher.

[halshs-01986622] Scholarly Digital Editions: Manuscripts, Texts and TEI Encoding: un corso online per la codifica dei testi

mar, 28/09/2021 - 17:26
Questa relazione propone un nuovo corso online destinato all’insegnamento e all’utilizzo del linguaggio XML e dellaText Encoding Iniativeal fine di realizzare delle edizioni digitali, con particolare attenzione all’edizione delle fonti manoscritte.

[hal-02023405] Montferrand, Place Marcel Sembat. Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Château des Comtes d’Auvergne

ven, 24/09/2021 - 18:03
La place Marcel Sembat à Montferrand (Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme) est l’emplacement bien connu de l’ancien château des comtes d’Auvergne, fondé au début du XIIe siècle et à l’origine du développement de la ville face à la cité épiscopale de Clermont. Après un diagnostic positif réalisé par Fabrice Gauthier et Christian Le Barrier en 2002, une prescription de fouille était émise par le Service Régional d’Archéologie dans le cadre du réaménagement de la place par la Ville de Clermont. Le château de Montferrand est cité pour la première fois en 1126, date à laquelle il est assiégé par le roi Louis VI le Gros, venu soutenir l’évêque de Clermont. Le récit de Suger montre qu’à cette date, le château est déjà entouré d’un quartier de la ville, qui est incendié par les troupes royales sans que celles-ci puissent accéder au château proprement dit. La topographie urbaine montre un développement concentrique autour de la place Sembat, avec un îlot construit au moins dès le XIIIe siècle, avant le développement de la ville selon un plan orthonormé ; ces éléments semblent corroborer le récit de Suger. Une représentation du château est donnée au milieu du XVe siècle dans l’Armorial de Guillaume Revel : le dessin montre une tour quadrangulaire cantonnée de tours rondes, entourée d’une enceinte polygonale elle aussi jalonnée de tours semi-circulaires. Deux plans du XVIIIe siècle montrent le même dispositif, avec un donjon quadrangulaire appuyé d’une tourelle d’escalier occupant le centre de la place, et entouré d’une enceinte polygonale. Aujourd’hui, seule la forme circulaire de la place semble rappeler le plan du château. Les structures découvertes en octobre 2004 sont très arasées du fait du fort décaissement réalisé dans le courant du XIXe siècle sur toute l’emprise de la place. Aucun niveau de sol n’est conservé et seules les fondations des maçonneries, des tranchées de récupération et des silos réutilisés comme fosses-dépotoirs ont pu être documentés. La fouille a confirmé en grande partie les observations réalisées au diagnostic. Un bâtiment de plan rectangulaire mesurant 13,80 m de longueur est-ouest pour 9,00 m de largeur nord-sud occupe l’emplacement du donjon figuré sur les plans du XVIIIe siècle ; les murs, ponctuellement conservés et souvent observés en négatif, sont épais de 1,70 m en fondation. Deux fosses de latrines maçonnées creusées dans le substrat marneux et comblées à la fin du Moyen Age et au début de l’époque moderne ont été fouillées ; elles sont situées à l’intérieur de l’emprise du donjon contre son mur occidental. Hormis le donjon, bien identifié, la fouille a montré qu’un autre bâtiment contigu occupait le centre de la place et prolongeait le donjon en direction du nord ; de plan carré, il mesurait également 13,80 m d’est en ouest, et 14,00 m du nord au sud. Ce bâtiment était déjà détruit au moment de la réalisation des plans du XVIIIe siècle et ses maçonneries n’ont été observées que ponctuellement ; les aménagements successifs de la voirie et des réseaux ont fait disparaître toute trace dans l’axe de la rue du Séminaire et de la rue des Baillis et au niveau d’un lavoir. S’il reste difficile d’interpréter ces vestiges au vu de leur état de conservation, il s’agit probablement d’une aula et d’une tour accolées. Les liaisons des murs, les modes de construction, les cotes de fondation et les largeurs de murs identiques tendent par ailleurs à indiquer la contemporanéité des deux bâtiments. Les tourelles d’angle du donjon représentées par Guillaume Revel, de même que la tour d’escalier accolée au donjon sur le plan Dijon de 1764 n’ont pas été observées, et il faut sans doute envisager qu’elles étaient fondées moins profondément que le bâtiment principal. Pour les tourelles d’angle, on peut également les interpréter comme de simples échauguettes, hypothèse déjà formulée par Fabrice Gauthier. Plusieurs sondages ont par ailleurs livré des informations concernant l’enceinte polygonale du château. Seule la fondation de la courtine a pu être ponctuellement observée au droit des façades actuelles des maisons qui bordent la place ; malgré les nombreuses perturbations liées à l’enfouissement des réseaux sur le pourtour de la place, les données recueillies confirment le fort arasement de la courtine au début du XIXe siècle. Cependant, celle-ci a servi pour asseoir les fondations des façades actuelles. On peut restituer une épaisseur moyenne du rempart de 2,00 m. Les tours semi-circulaires qui jalonnaient la courtine sont en majorité détruites et se trouvent sous les maisons actuelles, ce qui avait permis à Christian Le Barrier d’en repérer plusieurs dans les caves. Une seule est conservée en élévation et montre une étroite baie en plein cintre qui tend à indiquer une construction romane. Une nouvelle tour a pu être identifiée du côté sud de la place, à l’aplomb d’une façade ; elle a livré un fragment en place sur son parement interne d’enduit peint décoré de motifs géométriques rouges sur fond blanc. Il s’agit du seul vestige en élévation identifié lors de la fouille. Par ailleurs, dix fosses sub-circulaires creusées dans le substrat marneux ont été fouillées ; il s’agit pour la plupart de silos réutilisés comme fosses-dépotoirs et comblés au bas Moyen Age. Les deux ensembles architecturaux, la résidence – composée de son aula et de sa tour – et l’enceinte octogonale, sont datés par le radiocarbone et la confrontation des résultats avec l’analyse archéologique dans une fourchette large entre le premier tiers du XIe siècle et le milieu du XIIe siècle. La fourchette commune aux deux dates obtenues sur le bâtiment résidentiel réduit la datation possible à un intervalle 1020 – 1115 ; quant à l’enceinte, la seule datation radiocarbone obtenue indique une construction entre 1025 et 1168, mais les modes de construction identiques avec ceux du bâtiment central tendent à réduire la datation basse au premier tiers du XIIe siècle. La description du siège de Louis VI le Gros en 1126 livrée par Suger indique clairement l’existence à cette date d’une enceinte castrale achevée où se réfugient les troupes comtales, mais aussi d’une première enceinte urbaine, dont on ignore la nature. La concordance entre les textes et les données archéologiques est suffisamment nette pour être convaincante : la résidence comtale et son enceinte maçonnée et fossoyée sont bien achevés en 1126 ; le processus d’urbanisation est en outre engagé.

[hal-02023301] La maison forte du Châtelet (Saint-Gervais-Mont-Blanc, Haute-Savoie)

ven, 24/09/2021 - 17:57
En marge de l’aménagement d’une déviation du centre du bourg de Saint-Gervais-les-Bains (Haute-Savoie), la commune a souhaité développer un projet de mise en valeur de l’ancienne maison forte du Châtelet, site inscrit Monument Historique depuis 1989. Réputé être une ancienne motte castrale contrôlant la route de Saint-Gervais à Megève, Le Châtelet n’avait jusqu’alors fait l’objet d’aucune investigation archéologique ; seules quelques maçonneries affleuraient dans le sous-bois dominant les gorges du Bonnant, l’essentiel du plan de l’édifice et son évolution restant inconnus. En accord avec le Service régional de l’Archéologie de Rhône-Alpes, la commune de Saint-Gervais et le Conseil général de la Haute-Savoie, une étude archéologique préalable a été mise en œuvre afin de préciser l’organisation des bâtiments et leur chronologie. Cette étude a mis au jour les vestiges encore bien conservés d’un ensemble de bâtiments résidentiels et de structures de défense d’une ampleur certes restreinte, mais d’un type encore méconnu dans ce secteur de la haute vallée de l’Arve. Connue par les archives depuis la fin du XVIe siècle, la maison forte du Châtelet est très mal documentée par les textes. Propriété de la famille seigneuriale du Châtelet de Lacroix peut-être dès le début du XVe siècle, puis la famille du Fresney, du XVIe au XVIIIe siècle, cette résidence fortifiée est installée sur un éperon naturel, vestige probable d’une moraine latérale du glacier du Bonnant. Bien que la tradition identifie le site comme une motte castrale, les fouilles ont démontré que le relief qui porte la maison forte n’était en aucun cas artificiel, même si l’éperon morainique était barré au sud par un fossé creusé de main d’homme. Couvrant une surface d’environ 400 m², les bâtiments s’organisaient le long du relief naturel, sur un quarantaine de mètres de longueur. Une tour carrée de 11 m par 8,80 m, dont la vocation résidentielle autant que défensive ne fait guère de doute, occupait l’extrémité nord de l’éperon et dominait l’ensemble ; ces vestiges sont les mieux conservés, en particulier les caves de l’édifice, dont l’escalier d’accès, les portes et une partie des voûtes sont encore visibles. Au sud, une seconde tour carrée de 8 m de côté défendait l’accès au site, en arrière du fossé. Une cour cernée de murailles, dont la surface atteignait 200 m², séparait les deux tours ; cet espace ouvert a cependant pu constituer un ancien logis accolé à la tour nord, reconverti au moment de la construction de la tour sud. Enfin, une troisième petite tour, mal conservée, flanquait quant à elle l’enceinte à l’ouest et permettait probablement de surveiller l’ancienne route menant à Megève. Si les vestiges architecturaux restent bien lisibles sur le site du Châtelet, la stratigraphie s’est révélée des plus pauvres. Les couches d’occupation bien conservées appartiennent toutes à une période tardive de l’occupation du site, entre le XVIe et le début du XIXe siècle. Le mobilier antérieur est bien souvent en position secondaire et très peu abondant, même si quelques éléments du mobilier céramique laissent entrevoir une occupation dès le XIIIe ou le XIVe siècle. Dans tous les cas, les objets de la vie quotidienne restent peu nombreux, bien que le vaisselier de l’Époque Moderne soit assez bien représenté. Le lapidaire taillé et décoré est de même assez peu abondant malgré la grande quantité de maçonneries effondrées sur place, probablement du fait de l’exploitation du site comme carrière au XIXe siècle. Malgré les difficultés rencontrées pour dater les vestiges de façon précise, le mode de construction et le mobilier archéologique évoquent la fin du Moyen Âge, en particulier les XIIIe – XIVe siècles pour la tour nord et un probable logis reconverti en cour ; le site est réaménagé probablement à la fin du XIVe ou au XVe siècle avec la construction de la tour sud et l’aménagement de la cour. Enfin, de multiples remaniements sont apportés à la tour résidentielle à la fin du Moyen Âge ou à l’Époque Moderne avec le creusement de caves dans son emprise. La maison forte du Châtelet, comparée aux autres résidences seigneuriales de la haute vallée de l’Arve et du val Montjoie, apparaît assez originale dans son organisation tout en restant fidèle aux canons de la construction locale au bas Moyen Âge. La situation en éperon barré du Châtelet est la première originalité du site dans la panorama des maisons fortes de la vallée. Sans être de la même ampleur que les rocca de Châtillon-sur-Cluses ou de Saint-Michel-du-Lac (Les Houches), la position topographique choisie bénéficie d’une fortification naturelle souvent absente des autres maisons fortes, parfois installées en fond de vallée et en terrain plat, comme Bellegarde ou Loche à Magland, ou encore sur des plates-formes peu surélevées comme la Tour de Dingy (Passy). Du point de vue du plan des bâtiments, Le Châtelet apparaît à la fois très inscrit dans la tradition locale, mais aussi très original dans la typologie. En effet, la structure complexe que présente Le Châtelet avec plusieurs édifices juxtaposés à fonctions vraisemblablement différentes ne trouve guère de comparaisons parmi les autres maisons fortes de la vallée. La plupart des sites ne montre aujourd’hui qu’un seul édifice, de dimensions souvent vastes. L’association probable à l’origine d’une tour et d’un logis ne trouve d’équivalent que dans les sites castraux tels que Châtillon ou Saint-Michel-du-Lac, où la tour est de faibles dimensions. Sur ce point, Le Châtelet apparaît comme un jalon entre les tours supposées de tradition romane, assez étroites et de dimensions inférieures à 10 m de côté, tandis que les maisons fortes des XIVe et XVe siècles sont souvent plus vastes, allant de 13 m à 20 m de côté. Inspiré du modèle castral roman, ce type de plan peut appartenir à une typologie assez ancienne pour une maison forte, peut-être attribuable à la fin du XIIIe siècle au moins. Les maisons fortes prennent localement une ampleur plus considérable dès le début du XIVe siècle, comme en témoigne l’exemple bien daté de la Tour de Dingy (Passy).

[hal-02022955] 10 rue Boirot (Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme). Une portion de l’enceinte d’Augustonemetum au Bas-Empire

ven, 24/09/2021 - 17:56
En préalable aux travaux de réhabilitation de l’ancienne annexe de la marie de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) située 10 rue Boirot et à la suite d’un diagnostic réalisé par Christian Le Barrier, le Service Régional d’Archéologie a prescrit une étude archéologique préventive du bâti sur un mur situé sur le tracé occidental de l’enceinte de la ville du Bas Empire. Réalisée à la fin de l’année 2009, l’opération a permis d’approcher à la fois l’élévation et, ponctuellement, une stratigraphie conservée dans le sous-sol du bâtiment malgré la présence de vastes caves médiévales et modernes aussi bien à l’est qu’à l’ouest du rempart. Une première période d’occupation attribuable à la fin du IVe s. représentée par un sol en terrazzo et un mur d’orientation est-ouest a pu être mise en évidence à l’est du rempart. La base du rempart, épaisse de 2,70 m au niveau de la fondation, s’installe sur les remblais de démolition de ce premier édifice et peut être datée au plus tôt du début du Ve s. par le mobilier céramique et une datation C14. En revanche, le mur du Bas Empire bâti à partir de matériaux de remploi parmi lesquels il faut signaler un chapiteau corinthien et des fragments de colonnes en arkose, est mal conservé et atteint une hauteur de 2,80 m au maximum. En effet, la partie supérieure de l’élévation, épaisse de 2,30 m en moyenne et constituée de blocs bruts ou équarris disposés en assises réglées et conservée sur une hauteur de 6,50 m environ, a été reconstruite au plus tôt à la fin du Xe ou au XIe s., comme l’attestent 3 datations C14 sur des micro charbons conservés dans les mortiers de construction. À partir du bas Moyen Âge, au XIVe ou au XVe s., l’habitat se développe contre le rempart du côté ouest où ont été mis en évidence plusieurs éléments résidentiels (niveaux de planchers, cheminées et placards). À l’est, un édifice vient quant à lui altérer la courtine au XVIIe ou au XVIIIe s. Ces aménagements ont considérablement altéré le rempart, notamment l’aménagement de l’annexe de la mairie dans les années 1950-1960. Cette intervention s’est révélée limitée pour ce qui est de son apport à la connaissance de l’enceinte du Bas Empire, fortement arasée même si elle a été observée sur près de 15 m de longueur ; elle a toutefois permis de confirmer son tracé dans ce secteur. En revanche, elle a permis pour la première fois de mettre en évidence une reconstruction de la courtine occidentale au cours du Moyen Âge central et de fournir des éléments de datation tangibles pour les différentes périodes d’aménagement de ce secteur de la ville haute.

[hal-02021336] Annecy (Haute-Savoie), Musée-Château. Façades nord : de la Tour du Trésor à la Tour Saint-Pierre

ven, 24/09/2021 - 17:51
Implanté sur les hauteurs de la ville, le château d'Annecy (Haute-Savoie) est la résidence des comtes de Genève depuis le début du XIIIe siècle, puis des comtes de Savoie au XVe siècle, avant d'être rattaché à l'apanage de Genevois-Nemours. Transformé et agrandi à de multiples reprises entre le XIIIe et le XVIe siècle, il est l'un des châteaux les mieux conservés du département de la Haute-Savoie. L'étude archéologique préventive du bâti, réalisée durant l'hiver 2016-2017 dans le cadre des travaux de restauration des façades nord du château, offre une nouvelle lecture d'une série d'édifices résidentiels et défensif construits au bas Moyen Âge et à la Renaissance. Bien que partielle et limitée aux seules façades extérieures, cette restauration offre des données sur l'ensemble situé entre la Tour du Trésor à l'ouest et la Tour Saint-Pierre à l'est. L'étude aborde notamment la façade nord du Logis Nemours, vaste édifice de la Renaissance bâti sur l'emplacement d'une aile du palais médiéval, et l'aile des cuisines et de la chambre du comte, apportant de nouveaux indices relatifs à l'évolution de cet ensemble monumental complexe. Quatre grandes périodes de construction et de transformation du château ont été mises en évidence, auxquelles s'ajoutent deux périodes de restauration successives, au XIXe et au XXe siècle. Si le château des comtes de Genève au XIIIe siècle reste très méconnu, la plus ancienne structure identifiée est une courtine en moyen appareil de molasse couronnée d'un chemin de ronde à mâchicoulis similaire à la façade occidentale, ensemble qui peut désormais être daté des années 1340, période de reconstruction du château après un grand incendie qui dévaste la ville d'Annecy et la fortification. Cette courtine, qui flanque l'aile des cuisines et de la chambre du comte, est transformée dans les années 1430 lors d'une grande rénovation du château sous le duc de Savoie Amédée VIII : la tour Saint-Pierre qui flanquait l'angle nord-ouest de la chambre du comte est presque entièrement rebâtie, le chemin de ronde à mâchicoulis détruit et une nouvelle chambre aménagée au-dessus des appartements comtaux, que l'on dote de grandes fenêtres à croisée de meneaux, tandis que la grande cuisine au rez-de-chaussée est elle aussi réaménagée. Dans la seconde moitié du XVe siècle, une petite tour (Tour sans nom), qui marque les débuts d'une adaptation du château à l'artillerie à poudre, est construite dans l'angle entre l'aile de la chambre du comte et l'aile des appartements princiers de la comtesse et des enfants. Enfin, le bâtiment des appartements de la comtesse et des enfants, ainsi que la vieille Tour du Trésor, sont complètement transformés et modernisés par la construction du Logis Nemours entre 1533 et 1565, à l'initiative de Charlotte d'Orléans, veuve de Philippe de Savoie-Nemours. Si les dispositifs intérieurs médiévaux sont très partiellement conservés, les deux édifices sont chemisés à l'extérieur par un nouveau parement très prestigieux en moyen appareil de calcaire urgonien blanc. L'architecture et les décors Renaissance rendent le château plus confortable et lumineux. Mais le Logis Nemours et la tour du Trésor, et ce point est moins connu, sont aussi les bâtiments les plus modernes du site sur le plan défensif avec leurs salles basses d'artillerie qui couvrent toute la terrasse nord-ouest et la vieille ville d'Annecy.

[hal-02021348] Château de Bonneville (Haute-Savoie). Courtine nord

ven, 24/09/2021 - 17:44
Le château de Bonneville (Haute-Savoie) est à l’origine du développement de la ville du même nom, au cœur de la vallée de l’Arve en Haute-Savoie et permettait à la fois de contrôler le fond de la vallée qui constitue le principal axe de communication vers le haut Faucigny et un pont sur l’Arve attesté au moins dès 1306. Le ville s’est développée essentiellement à partir du XIIIe siècle et se trouve mentionnée sous ce nom à partir de 1283 et l’octroi de franchises municipales. Les origines du château restent néanmoins méconnues. En 1262, Agnès de Faucigny déclare que son mari Pierre de Savoie a fait construire à ses frais le lieu de Tucinges, dans la vallée de Faucigny, cité comme castrum en 1269. Ce lieu semble dès lors fortifié, même s’il est difficile d’attester l’existence d’une fortification en pierre dès cette date. En 1293, le château dit de Bonneville fait partie des biens donnés par Agnès de Faucigny à son cousin Amédée comte de Savoie. Le château semble être un enjeu pour contrôler le territoire lors du conflit delphino-savoyard et, en 1308, lors du traité de Montmélian le dauphin du Viennois Hugues et Béatrix de Faucigny reconnaissent tenir du comte de Savoie l’ensemble du Faucigny et ses châteaux dont celui de Bonneville. Le château devient la capitale de la Baronnie du Faucigny au XIVe siècle, témoignage de son importance géographique et militaire au Moyen Âge. Le château et ses bâtiments sont connus par les comptes de châtellenie, mais aussi par une vue du Theatrum Sabaudiae du XVIIe siècle, et la mappe sarde de 1730. Il occupe une butte molassique dominant la ville environnante et affecte un plan trapézoïdal adapté à la forme de la butte. De l’ensemble de bâtiments qui formaient le château, seules sont bien conservées l’enceinte extérieure et deux tours rondes occupant le front oriental ; parmi ces deux tours figure la tour maîtresse au nord-est. D’après les archives et l’iconographie, une autre tour ronde occupait l’angle sud-ouest, mais un sondage de Sylvie Bocquet en 2003 à son emplacement au cours d’une étude préalable n’en a pas trouvé trace, le rocher apparaissant directement sous les niveaux de terre végétale. En revanche, une échauguette occupait l’angle nord-ouest d’après le Theatrum. L’ensemble a été très remanié au XIXe siècle lors de l’aménagement du site comme prison. Néanmoins, les travaux de Daniel de Raemy et de Sylvie Bocquet semblent orienter les interprétations vers une construction attribuable à Pierre de Savoie autour du milieu du XIIIe siècle. L’opération d’archéologie préventive réalisée dans le cadre de la sécurisation de la courtine nord en 2013 et 2014 a permis de documenter de manière plus approfondie la chronologie et les modes de construction de cette courtine, jusqu’à présent peu lisible et globalement méconnue. Si une approche globale du château et de ses différents espaces manque encore pour appréhender l’architecture et l’organisation du château médiéval, l’essentiel de la courtine nord semble bien appartenir à la construction de l’enceinte concomitante aux tours rondes. Bien que très remaniée notamment dans sa partie supérieure et sur le parement interne du fait des aménagements de la prison, la courtine apparaît relativement homogène sur l’essentiel de sa longueur (70 m étudiés sur 6 à 10 m de hauteur). Bâtie en moellons grossièrement équarris de molasse disposés en assises réglées, elle était dans son premier état percée d’archères dont deux ont pu être identifiées malgré les bouchages. Un probable chemin de ronde à larges merlons couronnait cette courtine, défendue à l’angle nord-ouest par une échauguette dont sont conservées les consoles. La datation de cette courtine reste problématique en l’absence d’éléments datables en laboratoire, mais les modes de construction sont à rapprocher de ceux des deux tours et des courtines est et sud, toutes antérieures au XIVe siècle et au percement des baies à remplages de l’ancienne aula.

[hal-02023253] Musée de Rumilly (Haute-Savoie). La tombe dite « burgonde » de Menthonnex-sous-Clermont

ven, 24/09/2021 - 17:42
La découverte de la sépulture dite « burgonde » remonte à l’année 1960, au cours de laquelle les frères Montillet, agriculteurs, après avoir mis au jour des restes humains, contactent l’association des « amis du vieux Rumilly ». Deux membres de l’association finissent de mettre au jour le sujet « burgonde ». Est alors décidé de prélever la structure dans son ensemble, en particulier l’aménagement funéraire constitué par le coffrage en dalles calcaires contenant les ossements. Ces vestiges sont alors confiés aux amis du Vieux Rumilly, qui l’ont intégré aux collections de leur musée. Ces restes n’ont depuis fait l’objet d’aucune étude archéologique ou anthropologique, laissant le doute sur les données biologiques de cet individu, ainsi que sur la datation annoncée relative à la période burgonde. En effet, cette attribution chronologique se base sur une typologie de sépulture, sans qu’une datation radiocarbone ne soit jamais venue confirmer cette hypothèse. Depuis la découverte, les vestiges étaient entreposés dans les réserves du musée de Rumilly, les ossements toujours disposés sur les deux dalles calcaires de fond. Un coffrage de bois avait depuis lors été spécialement aménagé pour recevoir la structure accompagnée des restes osseux. Les dalles de fond ont été déposées dans ce coffrage, ainsi que les dalles de chant constituant les bords de la structure. Ces dernières ont été retaillées afin qu’elles puissent rentrer dans ce nouveau coffrage. Les éléments qui constituaient originellement la couverture de la sépulture ont été disposés sur le sol, autour du coffrage en bois. En ce qui concerne les ossements, plusieurs d’entre eux sont apparus en position secondaire, parfois relativement éloignés de ce qui devait être leur position initiale. L’état de conservation général est plutôt mauvais, plusieurs restes osseux étant fragmentés, d’autres ayant disparus. Les éléments du thorax, par exemple (côtes et rachis thoraco-lombaire), sont quasiment tous absents. Alors que sur certains clichés datant de la découverte, on peut constater la présence de dents, aucune ne subsiste aujourd’hui. L’os maxillaire ainsi que les zygomatiques ne sont plus présents. Il ne nous est pas possible aujourd’hui de préciser si ces données ont été perdues au cours du prélèvement de 1960, ou si ces pertes sont ultérieures. L’analyse taphonomique permet de confirmer que le dépôt de l’individu s’est effectué en espace vide, les membres supérieurs en extension le long du corps, les mains au niveau des hanches. Les membres inférieurs étaient également en extension, le membre inférieur droit apparaissant en partie en vue médiale (face interne de la cuisse), ce qui correspond à une légère rotation latérale du membre. Ce dernier élément nous indique que le corps n’était probablement pas enveloppé d’un linceul, qui aurait empêché cette rotation. La tête n’était pas surélevée par un support céphalique et reposait directement sur le fond de la sépulture. L’analyse biologique, effectuée aussitôt sur site, nous permet de préciser qu’il s’agit d’un individu de sexe masculin, dont l’âge au décès est supérieur à 20 ans. Il n’est malheureusement pas possible d’être plus précis à ce niveau, devant l’état de conservation des éléments osseux. Deux éléments du pied droit du sujet (talus et cunéiforme médial) ont été envoyés à un laboratoire pour une datation par mesure du carbone 14. Le résultat de cette mesure nous indique une période comprise entre 600 et 660 après J.C.

[hal-02023325] Forteresse de Polignac (Polignac, Haute-Loire). La Seigneurie, étude de bâti et sondages

ven, 24/09/2021 - 17:40
La forteresse de Polignac, à 5 km au nord-ouest du Puy-en-Velay, occupe un dyke basaltique dont le sommet plat entouré de falaises a été aménagé pour permettre l’installation du château dès le haut Moyen Âge. L’occupation du sol dans les environs de Polignac est ancienne : plusieurs gisements paléolithiques et néolithiques sont connus sur le territoire couvert par la commune. Durant la protohistoire et l’époque romaine, le dyke portant aujourd’hui le château est lui-même fréquenté, sinon occupé. La position du site de Polignac, entre Ruessium (Saint-Paulien), chef-lieu de la cité vellave durant l’Antiquité, et Anicium (Le Puy-en-Velay), futur siège épiscopal au Moyen Âge, laisse supposer une occupation antique. Les éléments lapidaires aujourd’hui présents sur le plateau, s’ils sont bien attribuables à l’Antiquité comme le « masque d’Apollon », ne démontrent toutefois en rien l’existence d’un temple dédié à Apollon sur le plateau, malgré les longues luttes qui ont opposé aux XVIIIIème et XIXème siècles « apollomanes » et « apollosceptiques ». L’ensemble du dossier reste à reprendre et à confronter avec les résultats d’une fouille approfondie du site. La première mention des vicomtes de Polignac remonte à la fin du IXème siècle. Le château n’apparaît dans les sources écrites que quelques dizaines d’années plus tard, vers 929-935, où un acte est passé dans le « castrum quod vocatur Podianacus », attestant bien son existence. Deux lieux de culte sont associés au château : la chapelle Saint-Andéol, sur le rocher, est attestée dès 1075 ; l’église Saint-Martin, en contrebas du rocher, est quant à elle attestée en 1128, date à laquelle elle est donnée par l’évêque du Puy à l’abbaye de Pébrac et devient le siège d’un petit prieuré puis d’une paroisse. On ne connaît que peu de choses des bâtiments résidentiels au Moyen Âge, et il faudrait des investigations bien plus approfondies dans les sources pour identifier des mentions des bâtiments. Diverses réparations sont attestées sur les bâtiments à l’époque moderne, mais aucun nouveau bâtiment ne semble construit après la fin du Moyen Âge. La forteresse de Polignac offre aujourd’hui un ensemble cohérent, unique en Velay et rare dans le Massif Central, de bâtiments résidentiels seigneuriaux s’échelonnant du XIIème au XVIème siècle. Répartis sur un site fortifié d’importance majeure, mis en valeur par un cadre naturel majestueux et préservé, ils offrent au chercheur un véritable conservatoire de l’architecture seigneuriale au Moyen Âge, allant du logis roman au logis Renaissance en passant par le donjon gothique. Plus encore, certain de ces bâtiments et en premier lieu le logis roman, constituent des exemples uniques dans la région : c’est en effet bien en dehors du Massif Central qu’il faut chercher des exemples de comparaison pour cet édifice exceptionnel réunissant les fonctions de résidence et d’apparat dans un bâtiment de près de 300 m² de surface intérieure au sol, décoré d’arcatures et chapiteaux sculptés. Initié à la fin de l’année 2005 à la demande du Service Régional de l’Archéologie d’Auvergne, un projet d’étude approfondie du château a pris corps dans le courant de l’année 2006 et permis la mise en place d’une première opération de fouille programmée annuelle durant l’été 2007, pour une durée d’un mois et demi sur le terrain (2 juillet – 10 août) et mobilisant 8 étudiants stagiaires encadrés par 3 archéologues médiévistes. Elle a constitué la première étape d’un programme de recherche qui s’inscrit sur le moyen terme : les estimations portent à environ cinq ans la durée minimale des recherches permettant d’aboutir à une meilleure connaissance de l’histoire et de l’évolution architecturale de la partie résidentielle du site (cour d’honneur et bâtiments environnants), à raison d’un à deux mois d’intervention annuelle sur les bâtiments concernés. Ces études permettront à terme de réaliser des publications scientifiques mais aussi à destination du public visitant le site (plaquettes, brochures ou encore ouvrage à destination des visiteurs) ; elles appuieront en outre la démarche actuelle d’explication des vestiges sur site par la réalisation de panneaux et enrichiront les données utilisables par les guides de la Forteresse. Cette campagne de fouilles a porté sur les élévations et le sous-sol de la Seigneurie, identifié comme un corps de logis datant en majorité de l’époque romane (XIIème siècle). L’étude du bâti, pour la réalisation de laquelle des relevés photogrammétriques ont été commandés à l’entreprise Art Graphique et Patrimoine, a permis de mieux cerner l’architecture primitive du bâtiment et d’identifier les phases de remaniement aux XVème et XVIème siècles. Le logis roman a dans l’ensemble été compris et il a été démontré qu’il s’articulait en deux grands espaces juxtaposés et séparés par un mur de refend. Celui-ci délimite au nord un espace probablement utilitaire (cuisine, communs…) au rez-de-chaussée et une vaste salle résidentielle sur plancher à l’étage (camera). Au sud, l’espace est occupé par une longue salle occupant toute la hauteur du bâtiment et éclairée en partie haute par une galerie d’arcatures ajourées et décorées par une série de colonnettes et de chapiteaux dont certains sont ornés de motifs végétaux ; cette salle peut être identifiée à l’aula seigneuriale à vocation de lieu de réception. Un portail, aujourd’hui bouché et remanié lors des travaux du bas Moyen Âge, était à l’origine aménagé dans le mur de refend au milieu de sa longueur et permettait la communication entre les salles du rez-de-chaussée. Les niveaux de circulation du rez-de-chaussée sont encore mal compris : dans leur dernier état, ils sont constitués par le rocher de brèche volcanique qui a été taillé et aplani afin de ménager des espaces horizontaux ; tous les murs romans reposent ainsi sur des banquettes rocheuses formant le soubassement des murs et assurant l’étanchéité du bâtiment. Néanmoins, il reste difficile d’affirmer que ces niveaux de circulation sont les niveaux romans et qu’ils n’ont pas été retaillés à la fin du Moyen Âge ou à la Renaissance, au moment où des voûtes sont construites dans deux des pièces du rez-de-chaussée du bâtiment. La poursuite des recherches devrait permettre de résoudre cette question. Le logis roman nous apparaît aujourd’hui comme un exemple unique en Velay et en Auvergne dans l’architecture résidentielle seigneuriale. L’ampleur de l’édifice, mais aussi le décor de sa salle d’apparat, constitué d’une galerie d’arcatures reposant sur des colonnettes à chapiteaux sculptés, révèle le mode de vie d’un lignage seigneurial de première importance à l’orée du XIIème siècle. Ce type architectural reste ignoré dans le Massif Central et c’est au château des Adhémar à Montélimar, dans les châteaux du roi de France ou de ses vassaux en Île-de-France ou encore dans l’aire anglo-normande qu’il faut chercher des exemples comparables. Cinq sondages au sol, réalisés dans le bâtiment et à ses abords, ont permis de compléter en partie le plan de l’édifice et de mettre au jour des aménagements encore inconnus. Ainsi, une construction sur poteaux de bois creusés dans le rocher et antérieure à l’édifice du XIIème siècle a été identifiée à l’ouest du logis roman, même si son plan et sa datation nous échappent encore en partie. Des tessons de céramique du Néolithique et de l’Âge du Bronze recueillis dans ce secteur démontrent une occupation du dyke de Polignac à ces périodes et pourraient constituer de premiers éléments de datation pour le bâtiment sur poteaux ; il pourrait néanmoins s’agir également d’un bâtiment du haut Moyen Âge constituant une première résidence seigneuriale (IXème – Xème siècles). Les recherches doivent être poursuivies pour tenter d’éclaircir ce point. Parallèlement, les sondages réalisés dans la cour d’honneur du château ont livré plusieurs éléments de canalisations permettant la récupération des eaux de pluie sur les toitures de la Seigneurie. Ces canalisations en pierre, dont l’étanchéité était assurée par un mortier hydraulique, servaient à alimenter la citerne de la cour centrale. Deux systèmes successifs ont été identifiés, même si leur tracé et leur datation restent à préciser : le premier peut appartenir au XIIème ou XIIIème siècle, ce que tend à confirmer l’architecture de la citerne ; le second est associé aux remaniements du logis seigneurial à la fin du Moyen Âge. En revanche, confirmant les observations réalisées en 2004 lors des sondages d’évaluation du bureau d’études Hadès, on ne peut que constater l’absence totale de mobilier appartenant à l’Antiquité, remettant en cause une fois de plus l’hypothèse d’un temple antique sur la plate-forme portant la forteresse. Seuls quelques blocs d’arkose pouvant provenir d’un monument gallo-romain démonté ont été repérés dans les élévations de la Seigneurie, mais ils sont tous associés à des phases de construction de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, à peu près au moment où Gabriel Siméoni forge la légende du Temple d’Apollon. De plus en plus, il faut envisager l’hypothèse de la récupération de matériaux de construction sur un édifice antique situé à proximité de la forteresse mais pas sur le site même. Les écrits de Siméoni au XVIème siècle, puis de Gaspard Chabron au début du XVIIème siècle, semblent quant à eux procéder d’une littérature accompagnant le lignage des Polignac dans un mouvement, général à la Renaissance où l’Antiquité est remise au goût du jour, de « quête de ses origines ».

[hal-02023237] La Mouline (Bruguières, Haute-Garonne). De la nécropole du Haut Moyen Âge au moulin d’Époque Moderne

ven, 24/09/2021 - 17:35
La fouille archéologique de sauvetage de la nécropole de La Mouline (commune de Bruguières, Haute-Garonne), à 20 km au nord de Toulouse, menacée par la construction d’un lotissement, a livré des informations sur l’occupation du site durant le haut Moyen Âge. Installé dans la plaine alluviale de la Garonne sur une terrasse bordant le cours de l’un de ses affluents, l’Hers, le site est fréquenté durant la Protohistoire, comme en témoigne le matériel résiduel recueilli, mais c’est pour l’essentiel du VIIIe au XIIIe s. qu’il connaît la plus importante occupation. Sans qu’un édifice de culte ait pu être repéré dans l’emprise de la fouille, une importante nécropole s’est développée, dont on peut estimer le nombre d’inhumations à un millier au moins. 332 sépultures et 185 fosses d’extraction, silos et fosses-dépotoirs ont été repérés dans les différents sondages couvrant environ 4500 m², dont 1500 m² environ ont fait l’objet d’une fouille fine, mais la surface explorée atteint à peine un quart de la surface totale du site. Les deux fenêtres fouillées exhaustivement ont montré l’existence de regroupements de sépultures progressivement colonisés par des aires d’ensilage, ainsi que la présence d’un habitat en bordure de la nécropole ; si les formes de cet habitat, représenté par quelques trous de poteaux, des foyers et un four domestique, sont mal définies, il semble que la nécropole ait attiré une population dans son environnement proche, phénomène qu’il faut probablement attribuer au privilège d’immunité lié au cimetière. Les aires d’ensilage installées au milieu des inhumations et contemporaines de celles-ci sont caractéristiques de ce phénomène. On doit par ailleurs envisager l’existence de zones d’inhumations et de stockage correspondant à des cellules familiales. Les inhumations successives dans les mêmes fosses, ainsi que les nombreuses réductions témoignent en outre en négatif de l’existence de marquages de surface des tombes permettant leur réouverture. Les sépultures, en pleine terre ou en coffrages de planches, avec parfois des fosses anthropomorphes, sont dénuées de dépôts funéraires pour le VIIIe s. Dès le IX e s. cependant, et surtout aux Xe et XIe s., les céramiques funéraires déposées aux pieds des défunts apparaissent et fournissent un lot de mobilier particulièrement intéressant pour cette période encore mal connue dans la région toulousaine. La longue durée d’utilisation du site a par ailleurs conduit à la multiplication des inhumations sur une surface restreinte, occasionnant de fréquents recoupements des sépultures anciennes. La nécropole est abandonnée au cours du XIIe s. et l’habitat lui-même semble délaissé. On ne peut que constater une lacune dans la documentation pour la fin du Moyen Age, et ce n’est qu’au cours de l’Époque Moderne que le site est à nouveau occupé avec un moulin situé sur le cours de l’Hers en bordure de la nécropole.

[hal-02023871] « L’alimentation en eau au château de Polignac (Haute-Loire). Quelques données archéologiques »

ven, 24/09/2021 - 12:31
Siège d’une fortification vicomtale depuis le Xe siècle, le château de Polignac (Haute-Loire) occupe un site de hauteur à 800 m d’altitude. Confrontés dès les origines à des problématiques d’approvisionnement et de gestion de l’eau potable, les vicomtes de Polignac fait construire au cours du Moyen Âge plusieurs structures de récupération des eaux pluviales et de stockage (canalisations et citerne), ainsi qu’un profond puits. Ces systèmes témoignent du soin apporté à la construction de ces aménagements hydrauliques, ainsi que d’un savoir-faire indéniable dans leur mise en œuvre.

[hal-02022900] Abbaye de Sixt (Sixt-Fer-à-Cheval, Haute-Savoie). Les bâtiments conventuels

jeu, 23/09/2021 - 18:33
L’abbaye canoniale de Sixt (Sixt-Fer-à-Cheval, Haute-Savoie), fondée en 1144 dans la haute vallée du Giffre, est l’une des dépendances savoyardes de l’abbaye Saint-Maurice d’Agaune en Valais. Dans le cadre de la restauration et de la mise en valeur de l’ancien logis de l’abbaye, inscrit au titre des Monuments historiques en 1997, le Conseil général de la Haute-Savoie a développé un projet cofinancé par l’Union européenne associant également la Région Autonome de la Vallée d’Aoste et la commune d’Arnad (Italie), ainsi que la commune de Sixt-Fer-à-Cheval. Ce projet ALCOTRA, nommé « PHENIX – Renaissance des patrimoines », comprenait un volet de restauration et de mise en sécurité de l’ancien logis abbatial, qui constitue l’un des édifices appartenant à l’abbaye, avec l’église, le presbytère et l’ancien grenier. Le Service Régional d’Archéologie de Rhône-Alpes a prescrit une étude archéologique accompagnant les travaux de maçonnerie et de terrassement réalisés en 2013 et 2014. En effet, le piquage des enduits des façades et la réalisation de tranchées de drainage sur tout le pourtour du bâtiment ont révélé des indices archéologiques qui éclairent l’évolution du site. L’étude archéologique du bâti, d’une part, avait pour objectif de cerner l’évolution architecturale de l’édifice par l’analyse de ses façades, qui ont pu être relevées et étudiées sur près de 1000 m2. Elle a livré des données inédites sur l’organisation de la première abbaye (XIIe-XIIIe siècles) et ses transformations jusqu’au milieu du XXe siècle. D’autre part, au nord du logis abbatial, ont été mis au jour les vestiges de deux bâtiments qui formaient les ailes est et ouest de l’abbaye et se raccordaient à l’église. Démolis dans les années 1860, ces deux édifices étaient encore parfaitement inconnus il y a quelques années et seules les recherches engagées depuis 2011 dans le cadre d’une étude préalable ont permis de révéler leur existence et de restituer le plan de cet ensemble monumental, organisé autour d’un cloître. Dans la cour du cloître, des sépultures, dont deux en coffres de dalles, ont été découvertes et ont fait l’objet d’une étude anthropologique. Elles ont pour certaines été datées des XIIe et XIIIe siècles par le radiocarbone, démontrant son utilisation par les chanoines comme espace d’inhumation dès les origines de l’abbaye. En mauvais état à la fin du Moyen Âge et victime d’un incendie en 1680, l’abbaye a fait l’objet de multiples remaniements et reconstructions. Le cloître roman a notamment été démonté et réutilisé en pièces détachées lors des rénovations successives des XVIIe et XVIIIe siècles : près de 140 pierres de taille en remploi ont été identifiées, parmi lesquels des fûts et des bases de colonnes, ainsi que des chapiteaux sculptés. Loin de l’aspect épuré de l’abbaye reconstruite par Humbert de Mouxy et ses successeurs à partir des années 1620, ce sont des éléments d’un cloître roman entouré de colonnades finement décorées qui sont réapparus à l’occasion de ces recherches.

[hal-02023969] « Lasergrammétrie et photogrammétrie appliquées à l’étude des châteaux médiévaux : le programme franco-italien AVER – des montagnes de châteaux »

jeu, 23/09/2021 - 17:53
Le programme européen AVER – des montagnes de châteaux (2010-2012) porte sur le processus d’étude, de restauration et de valorisation des châteaux médiévaux, en particulier les sites en ruine. Des relevés lasergrammétriques et photogrammétriques sont mis en œuvre sur deux châteaux, l’un en Haute-Savoie (France) et l’autre en Vallée d’Aoste (Italie), dans le but à la fois de réaliser un état des lieux des sites, de servir de support à l’analyse archéologique et, enfin, de préparer des restitutions des bâtiments. Les projets menés de part et d’autre de la frontière franco-italienne sont l’occasion de mettre en parallèle les approches respectives des équipes, confrontées à des environnements et à des états de conservation différents pour chaque site. De fait, cette expérience met en exergue les différences de mise en œuvre entre les relevés manuels traditionnels et les relevés automatisés, ainsi que les modalités de la collaboration entre archéologues et spécialistes des relevés.

[hal-02021360] Château des ducs de Savoie (Chambéry, Savoie). Les Salles basses du Vieux Pavillon

jeu, 23/09/2021 - 13:24
Le château de Chambéry (Savoie) est bien connu pour avoir été la résidence princière des comtes puis des ducs de Savoie et le siège de leur administration au Moyen Âge. Siège de la Préfecture de Savoie et d'une partie des services du Département, partiellement ouvert au public avec un espace muséographique dans l'ancienne Chambre des comptes, il montre encore d'imposants vestiges de son architecture médiévale, même si les incendies successifs qui l'ont marqué ont fait disparaître bon nombre de bâtiments. Pourtant, malgré les études historiques et archivistiques menées depuis le XIXe siècle, les connaissances archéologiques sur les origines et l'évolution du château, ou même la simple datation de ses différents bâtiments, restent très partielles. Dans l'angle nord-est de la cour du château, à proximité de la Sainte-Chapelle et de la tour Trésorerie, se trouvent ainsi les vestiges bien cachés dans les sous-sols mais encore impressionnants d'une partie du site très méconnue : les Salles basses du Vieux Pavillon. Sous cette appellation sont désignées deux grandes caves et une troisième plus petite en deuxième sous-sol réputées se trouver sous l'une des parties les plus anciennes du château parfois dénommée « pavillon impérial » ; certains auteurs ont cru voir dans l'architecture des Salles basses, avec leurs baies gothiques, l'emplacement de la chapelle primitive du château. La Conservation du Patrimoine de la Savoie a souhaité mettre en regard les connaissances historiques avec une étude archéologique plus fine de l'architecture conservée. Cette étude archéologique du bâti, appuyée sur des relevés détaillés en plan et en élévation, vise à identifier les étapes successives de l'aménagement de ce secteur au cours du Moyen Âge et à tenter de restituer l'évolution de son architecture et de ses fonctions.

[hal-02021229] La chapelle de la commanderie Saint-Jean-des-Prés à Montbrison (Loire). Étude préliminaire

jeu, 23/09/2021 - 13:13
La première intervention archéologique sur le site de la commanderie hospitalière de Saint-Jean-des-Prés à Montbrison (Loire) a été consacrée à la réalisation d’un état des lieux de la chapelle, seul bâtiment conservé de l’ensemble architectural, et à une évaluation du potentiel archéologique du site, dont la construction remonte aux années 1170-1180. Plusieurs axes ont été privilégiés lors de cette opération. Une analyse du bâti de l’extérieur de l’édifice et d’une partie de ses élévations internes a permis de mettre en évidence la présence d’une galerie pouvant appartenir à un cloître du côté sud de la chapelle et d’une porte rapidement murée destinée à desservir l’édifice depuis la galerie, ces deux éléments prenant part au projet architectural primitif, ainsi que de réaliser une première analyse des décors peints successifs de l’intérieur de la chapelle. Si la nef romane est conservée en totalité, à l’exception de sa voûte, dont la date d’effondrement est encore incertaine, le chœur de l’édifice apparaissait partiellement reconstruit en première analyse, mais semblait conserver le plan roman dans sa partie basse, construite en pierres de taille de granite comme la nef, tandis que la partie haute et les contreforts semblaient résulter d’une reconstruction gothique. Les irrégularités des chaînages et des assises de la partie basse en granite laissait cependant douter de l’appartenance de ces parties de l’édifice à la construction primitive. Deux sondages réalisés dans le chœur et à la jonction du chœur et de la nef de l’édifice ont confirmé ces soupçons, grâce à la découverte de parties romanes du chœur en place dans le sous-sol ainsi que l’arrachement du mur du chevet, montrant nettement que celui-ci possédait non pas un plan quadrangulaire à chœur et chevet plats, mais une abside semi-circulaire. Les parties en granite de l’élévation du chevet reposent en outre sur une fondation en petits blocs irréguliers, elle-même assise sur la fondation romane en moellons de granite équarris à tête dressée. C’est donc bien la totalité du chœur qui a été reconstruit, probablement au XIVe ou au XVe s., avec un remploi des pierres de taille romanes pour la partie basse. Ces éléments conduisent à revoir également notre compréhension de l’organisation primitive de la chapelle ; si le chœur gothique occupe une seule travée, les trois autres travées romanes servant de nef, il semble du fait de la taille de l’abside romane (d’un diamètre interne d’environ 6,60 m) que l’organisation romane ne comprenait probablement que deux travées de nef, et une travée droite de chœur avant l’abside. En l’état des recherches, aucun sol à mettre en relation avec l’édifice roman n’a pu être découvert. En revanche, des traces d’une barrière du chœur gothique et d’une partie d’un sol en tommettes glaçurées polychromes ont pu être retrouvées. Les fonctions funéraires de l’édifice ont pu être approchées à travers la découverte de cinq sépultures dans la nef, dont l’état de conservation s’avère satisfaisant sans être exceptionnel, et à travers l’étude des négatifs de deux enfeus de la fin du XIIIe s., et notamment du décor peint de l’un de ces enfeus, appartenant au tombeau d’un prêtre de l’Hôpital nommé Aténulphe, commandeur de Saint-Jean-des-Prés de 1215 à 1248. Le site s’avère dans l’ensemble dans un bon état de conservation, même si les constructions des XIXe et XXe s. nuisent à la lecture de l’ensemble.

[hal-02023845] « Le rôle de la recherche dans la définition d’un projet d’aménagement de site. Le cas des châteaux d’Allinges (Haute-Savoie) »

jeu, 23/09/2021 - 12:39
Nombre de châteaux alpins souffrent d’un état de dégradation assez avancé, victimes de l’Histoire et de ses soubresauts ou plus prosaïquement des riverains attirés par ce qu’ils ont longtemps considéré comme des carrières de pierres potentielles tout autant que des symboles de pouvoirs déchus. En dépit de ce relatif mépris voué à ce que l’on considère de nos jours comme le patrimoine castral, dans l’espace montagnard des Alpes françaises et italiennes, de rares forteresses médiévales accèdent au statut d’objet patrimonial dès la seconde moitié du XIXe siècle. Cette évolution fait suite aux premières investigations archéologiques ou aux premiers travaux de restauration voire de reconstruction, sous l’influence des pensées d’Eugène Viollet-le-Duc. Alors que le XXe siècle a connu en France un développement de la recherche historique puis dans une moindre mesure de l’archéologie sur la thématique des châteaux, les actions de conservation de ce patrimoine, en Haute-Savoie, restent encore diverses en ce début de XXIe siècle, même si de nombreuses volontés se font jour. Quelques sites castraux haut-savoyards ont fait l’objet, depuis le début des années 2000, d’actions de valorisation d’envergures variables toutefois, d’une manière générale, la connaissance de ces monuments était insuffisamment mobilisée pour pouvoir leur garantir une valorisation adaptée et encore moins aboutie. Plus encore, l’archéologie castrale haut-savoyarde reste relativement balbutiante et relève pour l’essentiel d’études archéologiques ponctuelles, répondant à des problématiques d’aménagement et loin d’une véritable préoccupation de connaissance de ce patrimoine. L’esprit de conservation qui a guidé les différents aménagements n’était pas non plus satisfaisant et a constitué la seconde motivation des acteurs haut-savoyards pour un engagement dans un projet de coopération avec les acteurs valdotains, confrontés à ces questions depuis déjà quelques décennies. Or, la mise en œuvre des actions retenues dans le cadre du projet AVER – des montagnes de châteaux nécessitait le choix d’un site pilote de chaque côté de la frontière. Le site français retenu est celui de Château-Vieux d’Allinges qui, avec son jumeau Château-Neuf, constituent une véritable unité monumentale. De nos jours les châteaux d’Allinges font l’objet d’une multitude d’initiatives et par conséquent de fonctionnalités, dont la première est spirituelle de par la présence des Missionnaires de Saint-François-de-Sales, installés à Château-Neuf depuis le début des années 1840. Néanmoins l’acteur historique de la conservation des châteaux d’Allinges est l’Association de Sauvegarde des Châteaux d’Allinges (ASCA) constituée en 1972 et qui a œuvré d’abord à la redécouverte et à la sauvegarde des deux châteaux, Château-Vieux ayant littéralement sombré dans l’oubli – et la végétation – au cours du XXe siècle. En 2001, la commune se rend propriétaire du site des châteaux pour le franc symbolique et dès lors s’engage dans une réflexion de fond sur la conservation et la valorisation des atouts paysagers et culturels du site. Une série d’études a été commandée visant toutes à assurer une bonne valorisation du site, dénotant d’un souci de restitution des châteaux à la population. Or, si la démarche est louable, les études d’aménagement ne prenaient nullement en compte leur immense potentialité archéologique, alors même qu’elles envisageaient leur valorisation. Le montage du projet européen AVER – des montagnes de châteaux est ainsi apparu comme une opportunité pour le Département et pour la commune de corriger l’approche sur les châteaux d’Allinges en réintroduisant l’acquisition de la connaissance d’un site comme un préalable à sa valorisation. Cette communication veut donc montrer comment la recherche développée sur le site des Allinges a permis de nourrir le projet d’aménagement en le faisant évoluer et en l’amenant à s’adapter au site et à sa nature.

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