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Yannick VEYRENCHE

Sujet: 

Chanoines réguliers et sociétés méridionales. L'abbaye de Saint-Ruf et ses prieurés dans le sud-est de la France ( XI-XIVe siècle).

Directeur(s): 
Nicole Bériou (Univ. Lyon2)
Établissement d’inscription: 
Université Lumière Lyon 2 - France
résumé: 

C'est surtout à partir de l'abbaye de Saint-Ruf d'Avignon qu'est diffusé, dans le Midi de la France et la Catalogne à la fin du XIe siècle, le modèle des chanoines réguliers, soit la vie commune du clergé sans propriété personnelle, à l'exemple des Apôtres à Jérusalem. Les abbés de Saint-Ruf complètent la regula ad servos Dei, de saint Augustin, par des textes apologétiques et par les coutumes de leur abbaye. Des chartriers et des cartulaires permettent d'écrire l'histoire du réseau des prieurés de l'abbaye de Saint-Ruf au cœur de sa zone d'influence, de part et d'autre du Rhône, jusqu'à Lyon. La toute puissance des abbés et la crise dénouée en 1158 par le transfert de l'abbaye à Valence ont freiné son développement sans remettre en cause son influence sur les sociétés méridionales. A l'échelon supérieur, cette influence repose sur le soutien des évêques soucieux de la pastorale et du service des églises de leur diocèse, et sur le soutien de certaines grandes maisons princières. A l'échelon local, les fonctions paroissiales et mémorielles des prieurés nourrissent un enracinement spirituel, économique et social, maintenu au XIIIe et au XIVe siècle. Le rapprochement géographique des papes facilite alors le renouvellement de leur soutien, mais aussi les interventions sur la nomination des officiers ; la cohésion de la congrégation est sauvegardée par un chapitre général qui règlemente son fonctionnement économique, facilitant probablement un tournant « rentier » dans la gestion des offices et des prieurés ; la permanence de liens entre prieurés et élites locales est confirmée par l'exploitation d'un fichier de 300 chanoines environ.

 

The spiritual pattern of regular canons that spread above Southern France and Catalonia found one of its most powerful origin in the Saint-Ruf Abbey near Avignon at the end of 11th century, with the adoption of community life for clergymen abandoning personal property, following the practices of Apostles in Jerusalem. The abbots of Saint-Ruf enriched the regula ad servos Dei of Saint Augustine with some apologetic writings as well as their own habits and customs. Charters and cartularies help trace the chronology of the network that was framed from Saint-Ruf Abbey, into the heart of its zone of influence from both banks of the Rhône River up to Lyon. If the power of almighty abbots over their congregation and the transfer of the Abbey to Valence following the 1158 crisis did put a stop to its expansion, this did not impact its influence over southern french societies. At the political level, the order benefited from the significance given by bishops to pastoral care and liturgy in churches and from the support of powerful Houses. At the local level, the parish and memorial functions fulfilled by priories reinforced its spiritual, economical and social roles continuing into the 13th and 14th centuries. The geographical proximity of Avignon then facilitated the support from the popes as well as their involvement in nomination of priors and officers. A general chapter that defined the order's practical and economic functioning helped safeguard the cohesion of the congregation ; most probably it represented a major turning point in the use of annuities in officers' and priors' management. The analysis of data from as much as 300 Saint-Ruf canons confirms the existence of a permanent link between priories and local élites.

mots clés: 
Moyen Âge ; Réforme grégorienne ; ordres religieux ; chanoines réguliers ; Saint-Ruf ; règle de saint Augustin ; Avignon ; Lyon ; Valence ; prieurés ; Midi de la France