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Giovanni STRANIERI

Docteur, Éducation nationale
gstranieri[at]gmail.com
giovanni.stranieri[at]ehess.fr
Axe(s) contrat 2016-2020: 
Axe 1 : Territoires, marges et espaces (S. Balossino, S. Gilotte)
Axe 5 : Hommes, biens et marchés (C. Lenoble, S. Trabelsi)
Recherches personnelles et programmes en cours: 

 

J’ai consacré ma thèse de doctorat à l’étude des transformations des paysages agraires et de l’organisation des espaces de la Pouille méridionale médiévale. Afin de traiter cette problématique, j’ai mené une enquête diachronique dans un secteur de 401 km², situé entre Tarente et Brindisi, investissant les vestiges d’occupation, d’exploitation des ressources et de production agricole et artisanale. Une solide base de données – constituée à la fois par l’étude de documents d’archive (cartulaires-chroniques d’établissements religieux, inventaires de biens et de revenus seigneuriaux, contrats agraires, cartulaires municipaux, actes notariés, visites pastorales), par le recensement des données archéologiques éditées (plus de 800 enregistrements) et par les résultats de mon propre travail de terrain (prospections au sol, relevés, sondages archéologiques et prélèvements archéobotaniques) – a été compilée, analysée et interpolée sous S.I.G. (ArcGis 9.0), dans le cadre de l’étude globale des formes paysagères relevées en cartographie et sur les vues aériennes disponibles.

À la croisée de l’histoire économique, de l’occupation du sol et d’une anthropologie historique des sociétés du passé, l’analyse de ces données met en évidence le déclin des deux grandes cités portuaires antiques de Tarente et Brindisi au haut Moyen Âge et l’essor simultané de la petite cité d’Oria, dans l’arrière-pays, qui devient un pôle stratégique de la Pouille longobarde et le siège de l’évêque de Brindisi. Au IXe siècle, en coïncidence avec la reconquête byzantine, se dessine un dense semis d’habitats ruraux et l’oléiculture, attestée par l’anthracologie, prend une place importante dans toute la région. Au bas Moyen Âge, tandis qu’Oria est déclassée, ce bassin vivrier nourrit les flux organisés par Tarente et Lecce, les nouveaux pôles, avec Brindisi, d’une région-frontière de l’Europe latine, à la lisière des mondes byzantin et arabo-musulman, puis ottoman. Des mutations sociales successives mènent, vers la fin de la période, à la prédominance du latifondo et de l’agroville.

 

Actuellement, je rédige un projet de recherche postdoctoral que je compte mettre en œuvre en collaboration avec d’autres chercheurs issus de plusieurs institutions partenaires, dans un cadre comparatiste à l’échelle de la Méditerranée, à partir de 2017. Des démarches exploratoires sur le terrain et dans les archives seront menées déjà en 2016. Ce nouveau projet sera axé sur les productions agricoles et les échanges (denrées, hommes, techniques) dans le bassin adriatique méridional au Moyen Âge.